Astou Ndiaye (Keynote)
Simon A. Akindes
Garrett Ash
Derek Catsam
Pascal Charitas & Claude Kemo-Keimbou
Decius Chipande
Mark Crandall
Laya Djonobaye
Andrew Guest
Henri Kah
Matthew Kirwin
Flavius Mokake & Samba Camara
Walter Nkwi
Chuka Onwumechili & Sunday Oloruntolo
Kwabena Owusu-Kwarteng
Martin Sango Ndeh
Karin ter-Horst
Anna Tranfaglia
Ali Ziyati

Pascal Charitas and David-Claude Kemo-Keimbou
Université Paris-Sud XI

“De la tribu à la nation : Logiques ethniques et étatiques dans le sport au Cameroun (1949-1970)”

Abstract
Après la Première Guerre mondiale, le Cameroun, protectorat allemand, est placé
sous le mandat de la France et de la Grande-Bretagne par la Société Des Nations
(SDN, Juillet 1919). Celui-ci sera transformé en tutelle entérinée par l'Organisation des Nations Unies (ONU, 1945). Le Cameroun oriental français est un "territoire associé" à l'Union française auquel l'autonomie interne est accordée : l'"Etat sous tutelle du Cameroun" (1956). Malgré cette autonomie, l'administration coloniale applique les mêmes pratiques que dans les autres colonies françaises : la diffusion du sport occidental. Alors que l'activité politique est interdite par le pouvoir colonialà l'issue des émeutes nationalistes, les leaders politiques camerounais vont développer de nouveaux "modes populaires d'action politique" (Bayart & Mbembe, 1989), en créant des assocations culturelles, qui, bien qu'ethniques, développeront des associations sportives. Ces dernières, vont s'inscrire dans une démarche tribale au travers des joutes sportives et réanimer les luttes hégémoniques que le pouvoir colonial puis postcolonial entendait neutraliser. Dès lors, en jouant sur un triple tableau, à la fois sur le plan continental (Jeux Africains) et international (Jeux olympiques, 1964, 1968), mais également national (championnats de football) ; le sport va faire l'objet d'une réinvention au service de la construction de l'unité nationale.
Pourtant, l'ethnie comme la nation sont des "communautés imaginées" (Anderson, 1983) qui mettent en jeu la mémoire et le mythe, formant des construits sociaux travaillés par un récit toujours réinventé. Ainsi, le sport au Cameroun est un moyen d'unir sans les confondre les logiques culturelles locales et territoriales des ethnies tout en permettant l'émergence et l'exaltation de la nation et du nationalisme. Une quête sans cesse renouvelée puisqu'elle "exprime la gestation de l'Etat et des incertitudes qui l'accompagnent" (Christian Coulon, 1997). L'objectif est dans un premier temps d'interroger la transition de l'ethnie à la nation en révélant l'entrelac des stratégies d'accès à l'Etat. Puis, dans un second temps, de mettre en évidence les modes populaires d'action politique révélateurs du travail psychologique sur les imaginaires afin d'appréhender le sport comme un analyseur des compositions et recompositions des répertoires de l'énonciation du politique au Cameroun comme stratégies identitaires.

 

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