Ndiouga Benga

Ndiouga Benga

Ndiouga Benga
Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Ndiouga BENGA est maître de conférences d’histoire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD, Sénégal), où il donne des cours sur l’histoire de la ville, les dynamiques de la modernisation, et le pouvoir dans les processus d’urbanisation en Afrique de l’Ouest. Ses publications portent sur la culture populaire et la jeunesse à Dakar, sur l’espace et la culture urbaine et sur l’appartenance à travers la notion de la citoyenneté. Membre actif du CODESRIA (Council for the Development of Social Sciences Research in Africa) et des African Studies Associations (USA, Allemagne, France, Italie), il est chercheur invité (SSRC) et professeur invité aux Universités de Paris VII, Bayreuth, Montréal, Hanovre, University of Massachusetts, Suffolk University, Genève… Il organise, depuis 2008, avec Professeur Ibrahima THIOUB (actuel Recteur de l’UCAD), les activités de recherche, de conférences et de publications du CREPOS (Centre de Recherche sur les Politiques Sociales, Dakar), avec l’appui successif de l’IRD, du CRDI et de l’Institut Historique Allemand.

Résumé

Le sport d’élite contre les femmes en Afrique ? Quelques considérations sur une égalité répressive et la « destruction » des corps féminins

Longtemps, l’institution sportive est demeurée un territoire réservé aux hommes afin qu’ils puissent y acquérir et entretenir leur virilité. Tout l’univers sportif est ainsi saturé des attributs de la virilité que sont la force, la puissance, la vitesse, la capacité à infliger la violence, le culte du corps musculeux et dominateur, la stigmatisation des femmes… Au-delà de ces stigmates de la virilité, c’est le principe mêm de la compétition sportive qui porte en elle les germes d’un rapport au monde fondé sur la domination, l’écrasement de l’altérité au travers du processus de production du fétiche-performance.
Notre communication souhaite, à partir d’une analyse du sport comme institution orientée vers une logique de compétition et de rendement qui se nourrit de catégories homogènes et identiques, engager une discussion critique sur une double perspective en cours en Afrique (et pas seulement) . D’une part, celle liée à la mythologie d’un sport neutre et pur, où la puissance de la féminité est convoquée pour venir à bout des maux gangrénant le sport (argent, dopage, spectacle…) ; et d’autre part, celle militante et progressiste qui perçoit le sport comme moyen d’émancipation en ce qu’il permet aux femmes de développer des formes corporelles inhabituelles et de donner à leur corps une liberté plus importante.
Tout cela pour aboutir à la virilité froide et violente qu’hommes et femmes sportifs se voient contraints de revêtir pour demeurer les « champions du monde ».

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