Pascal Charitas

Pascal Charitas

Pascal Charitas
Université Paris Nanterre La défense

Maître de Conférences
UFR STAPS de l’Université Paris Nanterre
Historien du sport et de l’EPS
Responsable pédagogique des L2
Enseignant-chercheur sur le sport en Afrique, la coopération sportive franco-africaine, le mouvement olympique, les relations sportives internationales, la géopolitique, la politisation du sport ainsi que sur les techniques et jeux sportifs dans leurs diffusions mondiale.

Résumé

Les étoiles sportives des indépendances africaines : entre africanisation des cadres et coopération franco-africaine (1944-1965)

Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale la France entame une refondation de ses rapports avec ses colonies africaines subsahariennes. La Conférence de Brazzaville (1944), puis les Etats généraux de la colonisation (1945) impulsent une dynamique qui s’inscrit dans le cadre du Nouvel ordre international et de la guerre froide. La prise de conscience de la métropole française d’un potentiel humain athlétique passe par le développement des infrastructures (FIDES, 1947) et des échanges sportifs qu’un « décollage sportif africain » (Deville-Danthu, 1995) viennent renforcer. Par ailleurs, le cadre institutionnel évolue vers une autonomisation (Loi Cadre, 1956 et Communauté franco-africaine, 1958) pour aboutir in fine au « soleil des indépendances » (Kourouma, 1968).
Pour autant cette césure politique ne doit pas masquer que la production des précurseurs historiques des élites sportives africaines est le fruit d’un chevauchement entre les périodes coloniales et postcoloniales. Ces derniers sont nés de deux processus : d’une part l’africanisation des cadres (Bancel, 1999) et d’autre part la coopération sportive franco-africaine (Charitas, 2010). Les souligner permet de mettre en lumière le dispositif de production de la performance (Fleuriel, 1997) des nouveaux Etats africains afin de montrer sa singularité et ses formes « d’hybridation assymétrique » (Bancel, 1999). Mais s’agit-il réellement d’une élite sportive et peut-on parler de sport de haut niveau ?
A partir d’archives françaises et africaines, de presse, il s’agira d’en discuter à partir des origines sociales des « étoiles sportives africaines » et via les processus sous-jacents les portants à illustrer les dispositifs de contrôle étatiques qui façonnent l’idée de nation. Au-delà de la légende sportive, la finalité est d’analyser de Brazzaville (Conférence, 1944) à Brazzaville (Jeux Africains, 1965) les conditions de production de cette élite sportive qui souhaite accéder au haut niveau et aux standards sportifs internationaux ainsi que les difficultés rencontrées.

Subscribe to stay informed

Our Partners & Sponsors